Une œuvre artistique au fond des grottes



Durant l'été 2015, une belle surprise attendait les visiteurs de la grotte La Verna, dans les Pyrénées : des cubes illuminés de deux mètres flottaient dans l'air souterrain. Ces automates cubiques, baptisés « aérostabiles », étaient toutefois plus qu'un plaisir pour les yeux : ils remplissaient également une mission scientifique qui consistait à explorer les cavités de la grotte qui étaient inaccessibles aux spéléologues. Dotés de caméras, ces cubes retransmettent en temps réel les images de conduits inexplorés. On les a préférés aux drones pour plusieurs raisons, notamment leur temps de vol quatre à cinq fois plus long et la stabilité de leur mécanisme dans des conditions très humides et fraîches.

En combinant des systèmes informatiques, robotiques et artistiques, ces objets sont devenus de plus en plus intelligents.

Les aérostabiles flottent dans l'air grâce à une enceinte en uréthane remplie d'hélium. Leurs mouvements dans l'espace sont contrôlés par des turbines et par un ordinateur de bord. Ces robots volants ont été initialement créés dans le cadre d'un projet d'art technologique par l'artiste-chercheur Nicolas Reeves et l'ingénieur David St-Onge, de l'École de design de l'UQAM. Le chercheur Philippe Giguère, du Département d'informatique et de génie logiciel de l'Université Laval, s'est ensuite joint au projet pour améliorer les déplacements, l'autonomie et le contrôle des automates. En combinant des systèmes informatiques, robotiques et artistiques, ces objets sont devenus de plus en plus intelligents. Des algorithmes sophistiqués, des caméras et des capteurs leur permettent de se positionner de façon autonome dans l'espace et d'interagir avec la voix humaine ou avec des danseurs. Leurs parois peuvent également servir d'écrans de projection pour des vidéos ou des messages textes envoyés par les spectateurs.

Les chercheurs travaillent maintenant à optimiser la robustesse et les capacités d'interaction des aérostabiles. Ils tentent aussi de diminuer le recours à l'hélium, un gaz rare de plus en plus cher. Selon la rumeur, on envisage une exploration artistico-scientifique dans la grotte nouvellement découverte à Saint-Léonard, près de Montréal…

Vidéo sur le projet